vendredi, 07 mars 2008

Cocktail Molotov

Putain j'essaye pourtant mais j'y arrive pas.

A oublier l'échec, l'humiliation.

A t'oublier toi.

A prendre soin de moi.

Même faire semblant j'y arrive pas.

Alors j'ai versé une petite fiole

Dans une bouteille d'alcool.

J'ai mis du Bach,

Ecrit deux trois mots.

Mes yeux étaient secs pour une fois.

Mais tu sais quoi ?

Même ça ça n'a pas marché.

Je me suis endormie...

Arrêtée dans des contrées inexplorées,

J'ai touché la lumière, m'y suis brûlée.

Puis j'ai ouvert les yeux.

Bach tournait toujours.

La variation 21 en sol mineur.

J'ai d'abord eu du mal à bouger,

Puis doucement je me suis rendu compte

Que je n'avais rien oublié.

dimanche, 04 novembre 2007

Se noyer dans un verre d'eau

C'est la panique totale.

Au boulot je croule sous une montagne de trucs à faire, à lire, à analyser, à mettre en place.... alors que je n'arrive à penser qu'à elle. La semaine qui s'annonce va être la plus dure et la plus importante depuis que j'ai ce poste, et je n'arrive pas à être là.

Et le reste du temps, maintenant que j'ai trouvé un nouveau petit nid à prix d'or, faut que je mette en place un déménagement. Acheter des meubles parce que je n'ai plus rien. Se faire livrer un canapé qui bien sûr n'est plus en stock. Faire des cartons... alors que je ne pense qu'à elle.

Elle m'a dit "Reste pour l'instant. Moi je vais squatter chez des potes". Un mois et demi que ça dure, que je ne pense qu'à elle. 

 

Je subis tout. Tout ce que je fais c'est dans la contrainte.

 

Sauf pleurer : ça ça vient tout seul. Et ça remplit le verre d'eau, à le faire déborder.

dimanche, 23 septembre 2007

Angustia

J'inaugure une nouvelle catégorie.

La Chienne. 

J'y ai ajouté quelques vieilles notes de circonstance...

 

Il y quelqu'une que je lis régulièrement mais chez qui je ne commente pas qui a écrit ce texte que je trouve...

...juste parfait pour commencer.

 

Et décrire précisément ce que je ressens là ici et maintenant. 

 

mardi, 18 septembre 2007

Comprenne qui pourra

Quand, à la question "pourquoi", la réponse est "parce que", il n'y a rien à faire.

 

Rien à faire d'autre que regarder sa petite vie, et les briques qui la composaient et que vous étiez super fière d'avoir posées, s'effondrer sur vous.

Rien d'autre à faire que de se prendre le coup en plein estomac dans un état d'étonnement et de muette terreur.

Je ne suis pas un boxeur : les coups je ne les encaisse pas stoïquement. 

 

C'est la Chienne qui va être contente. Elle qui dormait dehors désormais, va pouvoir retourner bien au chaud, se nourrir de mes larmes brûlantes.

 

Ma vie n'est une sombre merde. Une suite d'échecs retentissants dont les relents fétides me filent la nausée.

jeudi, 02 mars 2006

Not only human

Ma soirée...

Je devais faire Paris Carnet... Arrivée au Bombardier sur la place du Panthéon, je sais pas ce qui a pu se passer dans ma petite tête... je suis entrée et ressortie. Subitement je me suis dit "Mais qu'est ce que tu fous là?" Ici il y beaucoup de monde mais personne que tu connais... Personne que tu aimes et qui t'aime. Trop de monde.

Dehors. Prendre l'air. Marcher sur cette rive (gauche) de la Seine que je connais pas. Heather Nova chante dans mon Ipod:

"Maybe there's a light that's always on
Maybe we're not only human
Maybe there's a light that's always on
And we're not only human"

Ce soir pas envie finalement d'être humaine. Impressionnée par tous ces gens, ça me ressemble pas.

Peut être qu'effectivement il y a une lumière d'allumée pour moi quelque part. Pas au Bombardier. Où ça ?

Bon petit soldat je vais à la répet' à laquelle j'étais censée assister... après deux clopes pour calmer l'angoisse de ne pas avoir assuré au Paris Carnet. Et d'avoir fait faux bond à Artefact.

A la répet' il y a des gens que j'aime. Qui comptent sur moi. Qui me rassurent l'espace de deux heures. Qui me donnent l'impression (illusoire) que je ne suis pas seule. Pendant deux heures la musique me fait oublier. C'est peut être le seul endroit, le seul moment où j'assure. Où je suis utile. Le reste du temps je ne sers à rien, comme tout le monde. Je brasse du vent.

Le premier mercredi du mois après la répet' on se fait un pot. J'ai abusé du blanc ce soir. Le blanc ça rend bizarre, pas très cohérente. Surtout quand on oublie qu'on a déjà bu 5 verres. Surtout quand on continue au bar du coin avec la Callas et d'autres. Surtout quand on se sent si seule. Surtout quand on a descendu toute une bouteille d'Aligoté. Qu'on est prête à en boire une deuxième. Surtout quand on tente d'écrire une note sur son blog. Surtout quand Heather Nova vous dit tout bas :

"Life is something set to music
I can hear it when I'm sad
There's a chord in every muscle
Every kiss you ever had
There's a power when you're near me
In our heads or in our bones
I know nothing but I'm guessing
When we die we're not alone "

Y'a des jours où je ne suis rien. Rien d'humain. Ou alors pas seulement humain.

Rien de beau. Rien de bien. Rien tout court. Juste quelqu'une qui va bosser par habitude. Quelqu'une qui vit juste par habitude. Quelqu'une qui a perdu toute confiance en elle même. Qui ne peut même plus aller vers l'inconnu. Qui continue pourtant. Pourquoi ? certainement parce qu'il y a quelque chose de "not only human" derrière tout ça qui donne encore un peu d'énergie : celle du désespoir.

dimanche, 26 février 2006

...argh...

J'ai un peu fait la maline hier je crois.

La chienne est toujours là.

Et à en juger par mes nuits elle a dû se planquer sous mon lit.

C'est comme si un grand désordre électrique dans ma tête me faisait bondir dans mon sommeil.

J'aimerais un grand bain chaud, un massage et des caresses dans les cheveux. J'aimerais pouvoir me détendre complètement. Lâcher prise.

Si par hasard vous croisez un ange gardien au coin d'une rue et qu'il n'a rien à faire de précis, donnez lui mon adresse...!

... et la caravane passe

... pour celles et ceux qui ont lu la précédente note.

L'épisode d'angoisse n'aura finalement duré qu'une semaine, me laissant exsangue.

[bon là j'exagère, mais c'était l'occasion de placer un adjectif bizarre]

[j'ai toujours aimé les mots bizarres]

Bref en tous cas bien flinguée, mal partout, courbatures comme si j'avais fait un marathon. Peu mangé et surtout peu dormi. Ou alors d'un sommeil agité qui épuise encore plus. Comme si la tête avait été en surchauffe pendant une semaine.

Mais la chienne est partie. Ou plus précisément elle s'est tapie dans l'ombre, dans un petit coin reculé. La nuit elle revient parfois me lécher les orteils puis me laisse dormir quelques heures paisiblement.

Et puis j'ai vu Liz ma vieille pote qui m'a remonté le moral et secoué les puces.

Et puis j'ai eu un mail d'une lectrice de ce blog, et amie de la vie réelle qui m'a fait beaucoup de bien (merci à toi).

Et puis aussi il y a eu vos commentaires.

Du coup j'ai pu assurer à peu près ce soir pour le dîner (anxyogène au possible) avec le paternel. Avec le soutien de Bilou et Calou. J'avais pas l'enthousiasme, mais au moins le sourire !

jeudi, 23 février 2006

La chienne aboie...

Je vous annonce le retour de ma meilleure amie...

L'Angoisse pour ne pas la nommer.

[avec un grand A, à distinguer de la petite angoisse de merde, ce mot qu'on emploie à tort et à travers pour exprimer une certaine inquiétude]

Cette chienne a mes clefs et débarque n'importe quand.

Et franchement je ne le souhaite à personne.

[Même à mon pire ennemi]

Comment expliquer à quelqu'un qui ne connait pas, d'ailleurs ? Que ce n'est pas un truc pour se donner un genre, parce que le veuf, l'obscur ou l'inconsolé ça lasse rapidement. Que cette boule qui vous étreint la gorge ne disparait pas comme ça si vous le voulez. Que cette tension extrême qui vous brûle les yeux et vous empêche de respirer peut parfois durer des jours, quoi que vous fassiez. Et disparaître comme ça comme elle est venue. Rembarquant avec elle enclume dans le bide, barre dans les poumons, tachychardie, idées mélancoliques et morbides, insomnie et crises de larmes.

[Bon quand même quand y'a tout ça c'est le spécial cocktail. Le stade ultime de l'Angoisse.]

Le pire c'est que tout cela n'est que symptôme. Paraît même que c'est plutôt sain. C'est le signal d'alarme qu'un conflit intérieur refait surface. Un truc d'auto conservation.

 

Je suis découragée. Toutes ces remises en question depuis deux ans, tout ce boulot et ce fric chez Mme Michu pour ça : se taper une crise d'angoisse à cause la fin (annoncée) d'une relation foireuse.

Je prends ça comme un échec. Au moindre coup de vent je m'envole. Je pensais que je commençais à être plus solide et à avoir moins peur de la solitude.

Cette chienne me prouve que non.

vendredi, 07 octobre 2005

Visite impromptue

Y'a des choses qui éclatent à la figure comme ça, des portes ouvertes qu'on défonce enfin, des évidences bien (mal?) cachées qui se révèlent.

Et l'Inconscient qui sort, tel un diable grimaçant, d'une boîte de farces et attrapes mal (re)fermée...

Un éclair... puis la nuit! pour paraphraser le poète.

Une lucidité, une compréhension immédiate et totale qui à peine saisie glisse comme du sable dans vos mains.

J'ai eu ce sentiment hier dans le cabinet de Madame Michu (ma psy, pour ceux qui n'auraient pas suivi...!) Quelque chose est venu, si fugitif, si fragile, j'ai VU une des clefs de l'Angoisse ma compagne.

Ce n'est bien sûr pas la première fois que ça m'arrive, mais c'est toujours un moment à part, indescriptible et indicible, d'une puissance émotionnelle absolue. D'autant plus forte là, dans ce cabinet (combien de boites ont bien pu s'ouvrir ici?)

 

Pfuittttt.... déjà parti. Et envie de lui dire "Reste encore un peu, donne moi l'occasion de comprendre encore, de comprendre mieux, j'ai entr'aperçu quelque chose... là, derrière"