lundi, 22 janvier 2007
I'll be back... après les Voix contre le Sida
Je vous rassure, je suis encore là, s'il est besoin de vous rassurer, d'ailleurs...
Donc avec du retard, très bonne année à vous, lectrices, lecteurs !
Je vais revenir dans quelques jours : j'ai quelques notes en plan préparation. Difficile d'écrire en ce moment. J'ai de grosses journées de boulot. Des répétitions en pagaille. Et le soir, finies les nombreuses heures passées derrière mon écran à écrire ou surfer sur la blogosphère... Entre la chaleur des draps et des bras de ma Douce et le PC, le choix est vite fait !
Je ne vais pas m'en plaindre, au contraire ;o)
Me reste à vous conseiller un spectacle/concert/évènement : les Voix contre le SIDA fêtent leurs 10 ans cette année. Equivox, choeur gay et lesbien de Paris, les Melomen, les Caramels Fous ainsi que le sextuor Mozaïk unissent leurs voix le temps d'un concert. La recette du spectacle sera intégralement reversée à une association de lutte contre le SIDA.
Venez donc nombreuses et nombreux nous écouter au Trianon, 80 bd Rochechouart, Paris 18ème, le mardi 30 janvier, à 20h30.
PAF : 25 euros. Réservation directement au 01.48.24.16.97. Ça évite de passer par la FNAC, qui visiblement a vendu son quota de places...
Toutes les infos sur : http://desvoixcontrelesida.free.fr/
Merci d'avance pour votre générosité !
A bientôt...
12:10 Publié dans De la musique avant toute chose, Journal, Taomin vous conseille | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Voix contre le Sida, gay et lesbienne, musiques
lundi, 06 novembre 2006
Muriel Robin se tape la honte
La comédienne et humoriste Muriel Robin proteste contre la publication de photographies la montrant avec une amie dans la dernière livraison du magazine Paris Match, a indiqué mercredi son service de presse dans un communiqué adressé à l’AFP.
Posant au côté d’une femme lors de la générale de la comédie musicale “Cabaret” à Paris, Muriel Robin fait la une du magazine sous le titre “Muriel Robin, le bonheur. Son triomphe à la télé. Sa rencontre avec Anne”. En pages intérieures, un texte explicite est illustré par d’autres clichés, dont l’un montre les deux femmes qui posent main dans la main.
“Muriel Robin vient d’apprendre que le journal Paris Match s’était autorisé à publier une photographie la représentant en compagnie d’une amie, ainsi qu’un article les concernant. Elle tient à faire savoir qu’à aucun moment elle n’a autorisé cette publication, tout au contraire elle s’y est opposée auprès du directeur de la publication”, précise le communiqué.
“Muriel Robin tient donc à renouveler sa protestation devant ce genre d’attaque. Muriel Robin n’a jamais mis sa vie privée sur la place publique”, conclut le communiqué.
Interrogé par l’AFP, le service de presse de la comédienne a ajouté qu’une procédure judiciaire sera lancée par l’artiste.
Voici l'objet du délit.
Sacrée Muriel... je ne t'ai jamais trouvée très drôle, le sketche de l'addition, je l'ai toujours trouvé lourdingue, en revanche tu m'avais l'air sympa.
Mais là tu es pathétique. Tu poses au bras d'une charmante jeune femme devant le tout Paris à la première d'un spectacle. Toutes les deux vous êtes superbes, vous formez un joli couple. Tout le monde le sait que tu es lesbienne. Depuis un bail. Et tout le monde s'en tape si tu veux savoir.
Sauf toi visiblement. Tu attaques Paris Match qui ose divulguer la vie privée que tu montres à tous. L'article publié n'a rien d'insultant, au contraire. Il est plutôt élogieux, soft, enfin il va dans le sens de la visibilité et du coup de la banalisation du couple homosexuel. Je ne lis pas Match, mais là, je suis allée voir : deux femmes qui se tiennent la main en Une d'un magazine même pas lesbien, c'est suffisamment rare pour être agréablement surprise.
Quand quelques jours plus tard ma Douce (qui est un peu dans le milieu) m'a dit que tu portais plainte ça m'a foutu en rogne. Oui tu m'as énervée, Muriel. T'es vraiment faux cul. Tu as tout gâché. Si tu ne veux pas que ta vie privée soit exposée, ne l'expose pas. Reste dans ton placard. Ou je sais pas va au spectacle avec Palmade, ou Jack Lang. Avec un pédé honteux tu devrais bien t'entendre. Tu dois avoir sacrément besoin de fric pour faire ce que tu fais là. Tu me dégoûtes.
Tu n'es pas lesbienne, Muriel ? Tant mieux, les lesbiennes ne veulent pas de toi. Alors dégage. Tu pourrais être un porte drapeau, ou au moins fière (d'être visible, pas d'être lesbienne, il n'y a aucune gloire à en tirer) mais non tu te planques. De quoi tu as peur ? Si tu avais été agricultrice dans un trou paumé du Loir et Cher, OK, mais là... dans le monde merveilleux du show-biz tu ne crains rien, ma grande. Alors quoi ? Tu as peur que Papa et Maman l'apprennent et te déshéritent ? Un peu de courage et d'honnêteté vis à vis de toi même, c'est si difficile que ça ?
Ah et puis dernière chose... ta copine, tu y as pensé ? Elle pose avec toi et tu te dégonfles ? Elle va croire que tu as honte d'elle. Ben tu sais quoi, si c'est bien ça, je serais elle, je te quitterais.
18:05 Publié dans Taomin vous déconseille | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : Muriel Robin, placard, honte, gay et lesbienne
lundi, 16 octobre 2006
Le cri du ventre
"Un enfant si je veux, quand je veux"
C'était un slogan du MLF (Mouvement de Libération des Femmes) dans les années 70.
Si la deuxième partie de cette devise, le "quand je veux" est largement acceptée dans nos cultures on va dire "occidentales" (merci la pillule et autre moyens de contraception), la première partie pose problème et en embarrasse plus d'un(e)..
Vous en connaissez beaucoup, vous, des femmes qui disent "Un enfant si je veux" ? Affirmant par là qu'elles n'en veulent pas, ou pas tout de suite, enfin que bon, ce n'est pas dans leurs priorités, qu'elles pensent pouvoir s'épanouir sans obligatoirement devenir mère ?
Vous n'en connaissez pas beaucoup, j'imagine. Parce que les usages et les codes de pensée (unique) de cette société patriarcale sont si pesants, que tous et toutes, ou presque, avons été élevé(e)s avec ces deux idées préconçues (même si inconscientes), à savoir :
1) une femme ne devient une vraie femme que le jour où elle devient mère.
2) la seule supériorité de la femme sur l'homme c'est qu'elle met au monde les enfants.
Mes arrière grands-parents ont été élevés comme ça, mes grands parents ont été élevés comme ça, mes parents ont été élevés comme ça... j'ai été élevée comme ça, ainsi que mon frère. Certes je n'ai jamais entendu ces idées formulées de manière aussi abrupte. Mais dans l'inconscient de ma mère elles étaient bel et bien là. A mon âge (j'ai 32 ans) sa satisfaction était d'avoir deux beaux enfants, une fille et un garçon. J'imagine qu'elle avait atteint son objectif, celui d'être mère, et qu'elle estimait avoir réussi sa vie. Si elle n'avait pas pu avoir d'enfant, ça aurait été le drame de son existence.
J'ai donc grandi dans ce bain là. L'eau en était trop chaude, ou trop froide.... bref pas à ma température.
De la même manière que certaines femmes ont un désir d'enfant depuis qu'elles sont toutes petites, moi je n'en ai jamais voulu, d'enfant. Gamine jouer à la maman avec une poupée ne m'a jamais amusée. Les poupées que j'ai eues en cadeau je ne les ai jamais aimées. C'est à cause de cela que rapidement je n'ai plus cru au père Noël : comment pouvait-il s'obstiner à mettre des poupées et des vêtements de poupée au pied de notre sapin alors que je n'en voulais pas ? Il n'avait pas lu ma liste ? Du coup ces poupées prenaient au mieux la poussière sur une étagère, au pire passaient de sales quarts d'heure, je les maltraitais avec un plaisir certain : il leur arrivait toujours des choses atroces, elles avaient un accident de voiture, elles sautaient par la fenêtre et étaient défigurées... c'était très jouissif de leur arracher les yeux ou les bras, de leur faire un maquillage gothique indélébile.... En tous cas il ne me serait même pas venu à l'esprit de prendre soin d'elles, et les petites filles qui le faisaient, je les trouvais très niaises. D'ailleurs pour moi les petites filles en général étaient niaises, des chochottes qui pleuraient dès qu'elles tombaient et qui étaient habillées en rose. Des dindes qui jouaient aux dames. C'était comme si déjà elles étaient entrées dans le moule, comme si elles avaient intégré les deux idées ci-dessus. A cette époque là j'aurais voulu être un garçon.
A l'adolescence les filles ont commencé à m'intéresser. Et déjà certaines d'entre elles avaient un désir d'enfant, se projetaient plus tard, quand elles seraient grandes. Elles auraient une belle famille. Deux enfants. Un garçon une fille. Ou des jumeaux. Elles les appelleraient Barnabé, Philémon, ou Victorine. J'écoutais bouche bée, je n'avais rien à dire. Que dire quand on ne comprend pas ? Mon ventre allait attendre, j'avais d'autres choses plus importantes à faire. Cela viendrait plus tard. Au lycée certaines filles avaient eu des mecs et étaient tombées enceintes. Je passai à mille lieues de tout ça, perdue dans des sphères lointaines poético-musicalo-morbides. Et puis à l'époque je ne couchais avec personne, il ne pouvait rien m'arriver...
[Il n'y a que cette cruchasse de Marie qui est tombée enceinte par la volonté du Saint Esprit.]
Je pensais que ça changerait en grandissant, qu'un jour fatalement j'aurais ce désir d'enfant que toutes autour de moi avaient. Je pensais que c'était juste une histoire de maturité. Ou de féminité. Que ça finirait bien par m'arriver un jour. Et puis aussi je commençais à comprendre que oui j'étais une femme, et que je ne pouvais rien contre. Mais si je me suis mise à accepter ce corps, imaginer qu'il pouvait porter la vie, ça je ne le pouvais pas.
Ça n'a pas changé. Le doute s'est même mué en certitude avec l'âge. C'est le ventre qui crie. NON.
C'est viscéral, ce non désir d'enfant.
[D'enfanter, terme plus exact]
Tout comme votre désir d'enfant, Mesdames, Mesdemoiselles, est viscéral.
C'est politique et réfléchi, aussi. Car quel monde allons nous léguer à tous ces gosses ? Je crois que sur le sujet je me suis posé certainement plus de questions que celle qui veut un enfant comme une évidence. Vouloir un enfant. Rien que l'expression fait caprice. "Je veux un caramel". "Je veux partir en vacances". "Je veux un enfant". Parce que si j'en ai pas que va-t-on dire, que va-t-on penser ? cf. 1)
Il y a tellement de femmes qui ont des enfants comme ça, sans y penser. Parce que c'est conditionné. Et naturel. C'est leur destinée : une femme ne devient une vraie femme que le jour où elle devient mère. Quant aux autres, celles pour qui ce n'est pas naturel, elles sont montrées du doigt, des "monstres" au sens propre du terme. Parce qu'une femme ne devient une vraie femme que le jour où elle devient mère. Souvent elles cupabilisent, pour la même raison. Il y a aussi tellement de femmes qui une fois mères ne sont plus que ça, des mères. Qui mettent tout le reste entre parenthèses. C'est terrifiant.
De ce fait c'est un sujet sur lequel j'ai longtemps soigneusement évité de donner mon avis, car mes positions semblaient tellement scandaleuses... Dire haut et fort qu'on ne veut pas avoir d'enfant, quand on est une femme et qu'on est censée être programmée pour ça, c'est comme si vous lâchiez un pet bien odorant au beau milieu d'un dîner mondain... ça fait tâche... sans aucun mauvais jeu de mots. Dire que vous laissez aux autres le soin de peupler notre beau pays, c'est faire montre d'égoïsme. Carrément on vous accuse de ne pas aimer les gosses, ce qui, entre nous, est un raccourci bien péremptoire et inexact. Dire que vous ne voulez pas prendre la responsabilité de donner naissance à un enfant dans ce monde pourrave, c'est être défaitiste et pessimiste. Qui sait, peut être un futur Einstein sortira de vos entrailles. Ben voyons. Soyons réaliste. Y'a beaucoup plus de chance que ça soit une autre Lorie. Hyper exaltant comme perspective.
J'ai fini par prendre l'habitude de fermer ma gueule sur le sujet.
Mais là, je l'ouvre, me direz-vous. C'est que depuis quelques années je m'interroge beaucoup sur ce non-désir d'enfant. Il faut dire que mes amis trentenaires se déchaînent question naissance. Et il y a Junior, mon neveu de 6 mois. C'est cool d'avoir un neveu, bien mieux que d'avoir un fils.
Je m'interroge sur ce décalage. Encore un autre. Et aussi sur cette confusion que je faisais entre ma sexualité et ce non-désir d'enfant. Je pensais que si j'étais lesbienne c'était en partie parce que je ne voulais pas d'enfant. Cela peut paraître dingue, mais je croyais ça. Et que par extension les autres lesbiennes étaient comme moi.
Je me souviens de la surprise que j'avais eue le jour où la Fée me fit comprendre qu'elle se voyait bien avoir un enfant. Je lui avais dit, en plaisantant : "Tu sais chérie, je crois pas que j'arriverai à t'en faire un... et puis moi les gosses, la famille..." Pas très fin, OK, d'ailleurs ça l'avait vexée. Ce fut notre premier désaccord profond, et je crois notre première dispute. Il y en eut bien d'autres par la suite. En tous cas ce fut un des motifs de notre rupture.
Je me suis rendue compte ensuite que la Fée n'était pas un cas isolé de lesbienne. Bien au contraire. La surprise passée, j'ai pu constater que le désir d'enfant est la chose du monde la mieux partagée, et transcende les frontières homo/hétéro sexualité. Il suffit d'aller lire les blogs de Molly et Kip et d'Indilou. Et de bien d'autres encore. Ou de causer avec mes amies goudous. On parle beaucoup d'homoparentalité. Aujourd'hui, entre le couple homo qui souhaite avoir des enfants, et le couple hétéro qui ne veut pas en avoir, c'est paradoxalement le couple homo qui est dans la norme. C'est drôle et un peu triste, ces couples homo qui veulent se marier, avoir des gosses, être comme tout le monde. J'espérais qu'on pourrait réinventer le couple en dehors des conventions hétéros. Je me suis encore trompée. C'est certainement plus facile d'être heureux dans la norme.
Je n'accuse personne. Je ne reproche rien à personne. L'essentiel c'est d'être heureux, non ? J'ai choisi d'être une "fin de race" comme on le dit si élégamment, et d'être heureuse dans ce choix. Il se trouve que ma Douce est sur la même longueur d'onde.
J'expose juste mon avis de personne qui ne sera jamais une vraie femme.
Que suis-je alors dans ce cas, je me le demande.
14:40 Publié dans Journal, Roman familial | Lien permanent | Commentaires (34) | Envoyer cette note | Tags : gay et lesbienne, femmes, désir d'enfant, maternité
jeudi, 24 août 2006
Douce France III
J'ai dû faire une digression nécessaire ici, un détour par les années soixante, pour enchaîner sur ma troisième (et déjà lointaine) semaine de vacances, celle qui a précédé mon retour à Paris et qui fut particulièrement notable pour une semaine en Bourgogne.
Je ne quittai pas Marseille sans voir Hector. Le fils du deuxième mari de ma mère. L'aîné de mes deux faux demis si vous voulez. Mais mon frère. On se connait depuis si longtemps. J'avais une dizaine d'années et "les monstres" comme nous les appellions, Bilou et moi, étaient tout petits. Les parents d'Hector et Nestor étaient des amis des nôtres. Ce qui devait arriver arriva. Ma mère partit avec le père d'Hector et Nestor. Du coup j'ai deux petits frères en plus, et maintenant que nous sommes adultes nous avons de vraies relations. Et Hector est un p'tit gars que j'aime beaucoup. Trois jours agréables avec lui et sa copine (vraiment charmante) avant de remonter tranquillement en faisant un crochet par les contrées viticoles.
J'étais bronzée, en forme et décidée à passer un bon moment avec mes parents, quand je pris le train à Saint Charles. Le mercure affichait 37°C, il était midi, et je m'engouffrai avec délectation dans le wagon climatisé...
Quand je ressortis du wagon 3h plus tard, il pleuvait. L'écran de contrôle de la bagnole climatisée de mon père affichait 22°C comme température extérieure. L'automne, comme ça, d'un coup. Les pieds qui se crispent dans les tongs, surpris d'une telle amplitude thermique...
En fin d'après-midi, profitant d'une accalmie et d'un rayon de soleil vespéral, je réussis à convaincre mon père d'aller boire l'apéro "en ville". Et c'est autour d'un verre de Saint Véran que nous avons eu cette conversation surréaliste. Nous parlions de son prochain anniversaire et de son intention de fêter ça dans un bon resto parisien. Je lui demande qui sera là en dehors de Bilou, Calou et Junior et moi.
Lui : ben tu peux venir avec qui tu veux...
Moi : ben ce sera ma douce, d'ici là, je ne pense pas que ça changera ! je me sens bien avec elle... Tu sais là c'est important notre histoire...
Lui : c'est bien, ça...
Moi : et toi, tu invites Gérard, j'imagine...
Lui : ouh là... non non surtout pas !
Moi : hein ? c'est fini entre vous ? vous vous êtes engueulés ?
[ils sont ensemble depuis au moins 10 ans, même s'ils n'habitent pas dans la même ville]
Lui : non...
Moi : mais...?
Lui : tu sais entre lui et moi, ça a toujours été purement sexuel... nous n'avons pas grand chose en commun... En fait il n'y a bien que pour le sexe qu'on s'entendait bien.
Moi : mmm...
[l'hallu, mon père qui me parle de sa vie sexuelle]
Lui : et puis nous nous voyons assez peu... et là j'ai pas envie...
Moi : je vois...
Lui : du coup ça me laisse le temps de faire des rencontres... depuis quelques années j'ai des amants dans la région.
J'étais comme deux ronds de flanc. DES amants ?? J'arrêtai le serveur et lui commandai la même chose. Un deuxième verre de Saint Véran m'aiderait à y voir plus clair, pensai-je.
[Comme si un verre de blanc pouvait aider à digérer une information. N'importe quoi.]
Et là, j'ai dit un truc que jamais je n'aurais pensé pouvoir dire à mon père :
"euh... et tu te protèges, j'espère..."
Le monde à l'envers. J'avais l'impression de faire la morale à un pote pédé collectionnant les conquêtes. La tournure inattendue que prenait la discussion me gênait vaguement... enfin c'était surtout le ton qu'adoptait mon père, genre "nous sommes homos tous les deux je peux te faire des confidences de vieux potes".
[Sauf qu'il n'est pas un vieux pote. Mais mon père.]
Moi : bon... ben si la situation te convient... mais ça m'étonne quand même. Je pensais que ton désir était plus de rencontrer quelqu'un avec qui tu pourrais avoir une relation épanouissante...
Lui : Oui c'est le cas !
Moi : Ben alors ? qu'est ce que tu fous avec Gérard ? c'est un manque de respect total pour lui, et pour toi même aussi. Merde. On reste pas avec quelqu'un par habitude.
Lui : il me fait un peu pitié... et puis il m'a dit que si je le quittais, il risquait de faire une connerie.
Moi : et tu y crois ? c'est du chantage affectif, ça ! et puis la pitié c'est vraiment dégueulasse comme sentiment... nan franchemenet là... ça craint ! T'as passé des années à te mentir à toi même, et aux autres par la même occasion, et maintenant que tu pourrais être heureux, tu t'enfonces dans une situation merdique. On ne reste pas avec quelqu'un par habitude, merde ! Tu mérites mieux que ça, non ?
Lui : ouais... enfin tu me connais, hein, je suis incapable de le quitter... de quitter qui que ce soit d'ailleurs.
Moi : oui peut-être, mais va falloir apprendre, là...
Si je m'attendais à ça... Je me suis demandé s'ils avaient pas mis un produit bizarre dans le Saint Véran. Mon père n'est pas de genre à me faire des confidences. Et de mon côté endosser le costume de la conseillère sentimentale pour mon paternel... c'était comique et embarrassant à la fois.
Comique parce que mon père ne parle JAMAIS de sexe...
Comique parce qu'en général il se la joue vertueux ("C'est pas moi qui ai trompé ta mère, hein... et puis c'est elle qui m'a quitté... bou bou bou je suis un martyr...etc")
Embarrassant parce que c'est pas mon rôle de faire la conseillère... et puis je doute que mes conseils en la matière soient réellements bons... et puis merde on n'a pas fait les backrooms parisiennes gardé les cochons ensemble !
L'hallu totale. Je voulais arrêter les séances chez Madame Michu assez vite après la rentrée, mais là je crois, va falloir qu'on debriefe...
Ma famille de névrosés est formidable.
Le lendemain nous avons fait une longue promenade dans les vignes. Ma ballade préférée, dans un coin qui m'avait inspiré ce texte. Nous avons repris un mode de relation et de communication plus normal. C'est à dire qu'on a parlé de son chat, de Junior, son petit-fils, et du temps qu'il faisait, ou qu'il allait faire.
Les deux derniers jours avant de retrouver ma douce à Paris je les ai passés avec ma mère à faire des courses et à discuter de choses et d'autres. C'était agréable et léger. Nestor était là, nous avons causé longuement de l'Inde et de ses projets d'avenir : il est parti aujourd'hui d'ailleurs, pour une mission de six mois, rejoindre sa copine qui est indienne... je sais pas pourquoi, j'ai comme l'impression qu'il va y rester, et que je vais devoir aller là-bas pour le voir... (clin d'oeil à Indilou... j'angoisse d'avance !)
Voici venue la fin du récit de mes vacances en douce France.
Comme si elles n'avaient pas été suffisantes, je repars une semaine en septembre, en amoureuses, à Barcelone. J'ai hâte d'y être. En attendant j'ai un taf incroyable à abattre d'ici quinze jours...
18:35 Publié dans Journal, Roman familial | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : gay et lesbienne
mercredi, 16 août 2006
"Moi aussi, j'ai quelque chose à vous dire..."
"Tu sais ce que je vais te dire là n'est pas évident à dire. Et de ce que je vais te dire là, il y a des choses que tu sais parce que tu les as devinées, et d'autres que tu ne peux pas connaître, parce qu'à cette époque là, tu n'étais pas née."
"C'était à Paris, en 1966. J'avais 19 ans. A l'époque, je te l'apprends peut être, la majorité était à 21 ans. J'étais donc mineur quand tout cela est arrivé."
"Du plus loin que je me souvienne, j'ai eu de l'attirance pour les garçons. Il faut dire que durant mon enfance puis mon adolescence, je n'ai pas spécialement eu l'occasion d'en avoir pour les filles. Elles étaient tout simplement absentes de ma vie : les écoles et le collège que je fréquentais étaient non mixtes. Et je n'avais pas de soeur. Ce n'est qu'au lycée que je commençai à rencontrer des filles de mon âge. A l'époque je les trouvais franchement inintéressantes, je ne comprenais pas ce que mes camarades pouvaient bien leur trouver."
"Depuis tout gosse, j'avais des amitiés très fortes avec certains garçons de ma classe, et aussi à la manécanterie. J'aimais cette ambiance virile et musicale à la fois dans ce décorum religieux que nous respections bien peu... Nos parents, et surtout nos mères, étaient très cathos, et c'est pour ça que nous étions là. Pour la plupart nous bouffions du curé, mais qu'est ce qu'on rigolait ! Ma première cuite, ce fut avec du vin de messe... Mes premiers émois amoureux, avec des camarades petits chanteurs..."
"A cette époque là je ne me rendais pas compte que j'étais..... homosexuel. Tu vois, même aujourd'hui j'ai du mal à prononcer ce mot. Je suppose qu'alors je ne le connaissais même pas, ce mot."
"Et puis en grandissant j'ai compris que j'aurais des emmerdes si j'en parlais à qui que ce soit. Alors j'ai gardé ça pour moi. Mes parents surtout ne devaient rien savoir, ni mon frère, ni mes amis."
"En 1966, j'ai rencontré Jean. Je crois que l'attirance fut instantanée, en tous cas réciproque. Nous avons vécu quelques semaines enchantées... Je me souviens, nous écoutions Revolver des Beatles, qui venait de sortir. Jean était un peu plus âgé et expérimenté que moi. Il m'emmenait dans des lieux plutôt confidentiels, où les gays avaient l'habitude de se retrouver..."
"Un jour un ami de mes parents nous a croisés tous les deux dans la rue. Nous ne faisions rien de mal ou d'équivoque, mais j'avais menti à mes parents en disant que j'allais au ciné, juste pour le voir..."
"Trois semaines plus tard, alors que je prenais de plus en plus de risques pour voir Jean, inventant des raisons de plus en plus improbables, mon père me coince un matin, me dit qu'il faut qu'on parle. M'annonce avec calme qu'il m'a fait suivre suite aux soupçons de son pote qui nous avait rencontrés, qu'il sait ce que je traficote avec Jean. Me dit que tout cela est fini désormais, et que Jean a été poliment averti que s'il s'approchait encore de moi, il serait dénoncé aux flics pour perversion et détournement de mineur. Ajoute qu'il n'y a pas d'inverti dans la famille, et que ce n'est pas moi qui vais commencer. Il finit par me dire qu'il était temps que je fasse mon armée, que ça me remettrait certainement les idées en place, et qu'il s'était arrangé pour que je sois bien éloigné de Paris, dans un bataillon disciplinaire en Allemagne... Ma mère assistait à la scène, muette et en pleurs..."
"J'étais mineur, je n'avais rien à dire. Et même ensuite, je n'ai jamais rien pu dire à mon père. Je n'ai jamais revu Jean. J'ai fait ces 24 mois en Allemagne. J'en ai bavé. Le bataillon disciplinaire, ça vous recadre même le plus rebelle. A mon retour à Paris, c'etait comme si je n'étais plus le même. J'avais réussi à me convaincre que j'étais "guéri". Enfin je veux dire, normal, hétéro. J'ai trouvé du boulot rapidement. Et dans la boîte j'ai rencontré une femme. C'était en 1969. Elle était sympa, intelligente. Elle m'aimait bien. Moi je n'étais pas amoureux, mais je la voyais bien mère de mes enfants. Parce que des enfants, j'en voulais... Alors nous nous sommes mariés en 1970."
Cette histoire est celle de mon père. Cette femme rencontrée en 1969 est ma mère.
Il m'a raconté tout ça le jour où je lui ai dit "Papa, tu sais, j'ai un truc à te dire. Voilà : je suis lesbienne. La fille avec qui j'habite, (c'était la Fée) et ben c'est pas ma coloc, c'est ma copine". C'était le jour de Noël 2001 ou 2002 peut être, nous étions tous les trois, lui, Bilou et moi, autour de la table. Je m'étais lancée, un peu ivre pour me donner du courage, entre le plateau de fromages et la bûche de Noël. Mon coming out (auprès de lui, parce que mon frère Bilou, lui, savait depuis belle lurette) est du coup complètement passé à l'as. Le seul truc qu'il ait trouvé à me dire fut "Tu ne m'apprends rien, ma grande, je l'avais deviné..."
Dire qu'il m'a fallu quelques séances chez madame Michu pour digérer tout ça est un euphémisme.
Mes parents se sont séparés au bout de 20 ans de mariage, et ont divorcé un peu plus tard. Aujourd'hui mon père vit son homosexualité librement.
Si j'écris cela, c'est parce que la note Douce France III n'avançait pas. Et pour cause. Je n'arrivais pas à planter le décor d'une conversation que j'ai eue avec lui lors de ces dernières vacances...
C'est aussi parce que j'avais dit ici que j'en parlerais un jour, de mon père.
Et c'est aussi pour Melie. Qui un jour trouvera l'occasion de faire son coming out à son père.
Avoue Melie que le mien n'est pas banal...!
15:55 Publié dans Roman familial | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : le coming out de mon père, gay et lesbienne
lundi, 22 mai 2006
La vie réelle...
... ne me laisse aucun répit. Si, si, j'vous jure... Débordée je suis. Mais contente de l'être je suis également. C'est juste que mon assiduité sur ce blog en pâtit. Les week end, c'est no way : répétitions à fond les ballons, 80 ans de mère-grand à la Coupole, ou p'tit dîner chez Bilou, Calou et Junior, y'a toujours un truc prévu. Et puis aussi il y a ma belle qui ne travaille pas le samedi. Alors ce jour là il est entièrement pour elle. En plus ces derniers temps, dès que j'ai un peu de temps libre en solo, je me fais un ou deux épisodes de Desperate housewives. On m'a prêté le coffret DVD de la saison 1, et ça y est, je suis devenue fan de cette série grinçante et de ces quatre héroïnes déjantées...
Du coup il m'arrive même de ne pas allumer mon PC certains soirs quand je rentre chez moi. Dingue. Je me fais des missions ménage, lessive, courses, rangement... et DVD comme récompense... et quand ma belle vient me voir, j'active l'option "Petit dîner aux chandelles" avec musique qui va bien dans un appartement tout clean et à peu près rangé. Si, si. Et pas du Picard s'il vous plaît. J'adore voir ses yeux s'agrandir d'étonnement voire d'admiration quand je pose les assiettes sur la table. Et j'adore cuisiner pour les gens que j'aime, mélanger des ingrédients, voir ce que ça donne, faire de belle présentations. Derrière un fourneau (façon de parler, disons plutôt gazinière), dans ma minuscule cuisine, je suis la reine : une vraie housewife dans ce domaine.
[mais pas desperate, hein]
Avec ma belle... en apesanteur on est. C'est à dire bien. L'une et l'autre. Pas besoin des autres, c'est vrai, mais on se force. Plus précisément c'est moi qui lui ait imposé qu'on ne se voie pas tous les soirs. C'est pas l'envie qui m'en manque, c'est juste le poil de lucidité qui me reste qui me commande ça. La fusion nous avait détruites, la Fée et moi, je refuse que cela se reproduise. J'ai mis près de deux ans à retrouver mon âme, c'est pas pour la perdre maintenant.
[et oui, j'ai grandi]
[D'ailleurs à mon âge, Schubert était déjà mort en laissant 8 symphonies et demi et les plus belles pages pour piano jamais écrites. Et Jésus n'était pas loin de se faire clouer pour l'éternité et la postérité... mais bon il avait marché sur l'eau et multiplié les pains...]
Trève de conneries. C'est vrai j'ai grandi. Je n'aborde pas la relation amoureuse comme je l'aurais abordée il y a quelques années. Je crois que ces deux dernières années de célibat solitude m'ont donné goût à une certaine autonomie, ou plutôt indépendance. C'est bizarre. Je suis amoureuse, mais je sens que j'ai besoin de soirées seule. Et puis aussi elle est trop bien pour que je l'étouffe ou que je la laisse m'étouffer. Nous avons chacune nos amis, nos activités... il s'agit de ne pas tout sacrifier pour l'autre. Et un boulot très prenant aussi. Surtout elle. Et moi aussi maintenant. Alors on se fait quelques petites soirées en semaine. Un ciné de temps en temps (Volver hier... qui m'a un peu déçue... je ne dirais pas que c'est le meilleur film d'Almodovar, comme je l'ai lu je ne sais où...). Un concert par ci par là : Oshen à la Maroquinerie lundi dernier... parce que ma douce ne connaissait pas. Et bien ce concert était très très très bon. Meilleur encore que celui du Zèbre. Elle était en forme la miss. A fond dans l'impro. Elle a une voix fabuleuse. La très grande classe. Avec Orly Chap en première partie. Et Anaïs en invitée surprise. Les versions des chansons étaient pour la plupart très différentes de celles que j'avais entendues en novembre au Zèbre. Très belles ambiances, super public. Chouette moment.
Question boulot j'hallucine : ce nouveau poste, qui devait être passionnant, tient toutes ses promesses. Une mission technique et complexe, mais très concrète au final. Dont je ne peux pas trop parler ici sans être très rapidement identifiable. Une équipe hyper sympa et très impliquée : ils m'on même organisé un pot de bienvenue ! Quels changements par rapport à avant ! Plein de choses à apprendre et à maîtriser : je dois être au point à la rentrée, la tâche est immense. En plus j'ai hérité d'un bureau fabuleux, avec une vue de folie sur Paris. Je ne m'en lasse pas.
J'ai une chance folle. Si je croyais en Dieu, je crois que je me confondrais en prières de remerciement tous les jours. Comme ce n'est pas le cas... je me contente d'en profiter à mort. Et de me dire que je l'ai bien mérité.
Hé hé.
19:10 Publié dans Journal | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : gay et lesbienne
mercredi, 03 mai 2006
Les filles du botaniste
J'avais été attirée par la bande annonce, j'y suis donc allée avec ma belle ce week end.
Et ben c'est très bof.
Ou plutôt si : c'est un beau film publicitaire pour le Vietnam... ça donne clairement envie d'y aller... et de se ballader dans un jardin luxuriant vous voyez... c'est très frais. Allez prendre une petite dose sur le site du film, vous comprendrez.
L'histoire est censée se passer en Chine dans une île mais tournée au Vietnam en vietnamien donc doublé en chinois (?) avec une production franco-canadienne...
Histoire convenue, personnages masculins caricaturaux... on sent venir la chute. Agrémentée d'une musique de mélo dégoulinus pas toujours bien venue. D'une sensualité totalement absente.
Déçue j'étais.
Les deux seules choses qui sauvent le film sont la beauté du décor, et Mylene Jampanoi, vraiment superbe.
Je l'ai ajoutée à mon panthéon personnel d'égéries.
23:35 Publié dans Taomin vous déconseille | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : gay et lesbienne, cinéma
mardi, 25 avril 2006
Amour, intimité, et autres curiosités
J'aurais pu titrer, à l'instar de Yukyo, "In bed with Taomin", mais cette note aurait du coup été classée X... Et je préfère nettement le classement "Confidentiel - Secret Défense", plus protecteur de notre intimité à ma belle et moi.
Et puis aussi on m'a fait le reproche de tout tourner à mon avantage voire de dénaturer la vérité (ah bon, la vérité vraie ça existe sur un blog ?), donc on pourrait éventuellement dire que je la ramène à mort, que je me vante sur mes prouesses sexuelles du moment...
[En même temps c'est mon blog, et j'écris ce que je veux, bordel de merde]
[Je peux y compris être grossière... mais je m'interdis d'être insultante]
Je suis impudique peut être... parfois... Le lecteur, lui, est voyeur.
[Je me permets de le dire, en tant que lectrice assidue et voyeuse de blogs. Mais je ne me permettrais pas de t'insulter, ô lecteur.]
Bref. D'aucuns penseront que je règle mes comptes. Je fais juste une mise au point. Et je vais arrêter d'utiliser tous ces [ ] et reprendre où j'en étais.
L'amoûûûr... Laissez moi vous parler un peu d'Elle et raconter ce qui est racontable. Je ne lui ai pas encore trouvé de surnom, à ma chère et tendre, alors pour l'instant c'est Elle.
[Pas hyper original, je vous l'accorde]
C'est Elle. Elle est comme une évidence. Avec Elle les choses sont simples et naturelles. Je me sens vraiment moi. C'est une sensation extrêment reposante, que j'avais limite oubliée. J'ai retrouvé la solidité et la confiance en moi perdues depuis des années. Et c'est la Chienne qui du coup est partie en courant, sans demander son reste, laissant Taomin en plein Carpe Diem.
Sourire à ses petits textos doux nocturnes envoyés quand nous ne passons pas la soirée ensemble.
Se ballader main dans la main sur l'asphalte parisien.
Faire l'expo Almodovar à la Cinémathèque et profiter des premiers vrais rayons de soleil printanier allongées sur les pelouses de Bercy.
Boire un verre en se dévorant des yeux, et discuter de tout et de rien.
Découvrir nos corps encore et encore, et faire l'amour de mieux en mieux.
Aller au concert de The Organ à la Maroquinerie et rester scotchées l'une à l'autre tout du long dans ce lieu surchauffé.
Fondre littéralement à chaque fois qu'elle me sourit et que se forme cette adorable fossette.
Je vire vaguement neu neu... je m'en fous pour tout vous dire...
19:30 Publié dans Journal | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : gay et lesbienne
vendredi, 07 avril 2006
100% et c'est déjà bien !
Je suis à fond en ce moment... et si j'écris un billet ce soir, c'est que malgré la fatigue je ne peux me résoudre à me coucher...
[et Dieu sait (Dieu, si tu m'entends...) que je suis naze]
Mais d'une bonne fatigue, comme dirait ma grand-mère. Ce n'est pas cette lassitude qui vous pousse à vous avachir dans votre canapé en maudissant la vie d'être si fatiguée. Non. C'est plutôt cette sensation que vous avez d'être à 100%. D'être vraiment dans le réel. Et de donner le meilleur de soi-même.
Une sorte d'indestructibilité (j'ai la flemme de sortir le Robert, il existe ce mot ?) dans l'action.
[Agir il s'agit bien de ça]
[Faire aussi]
C'est quelque chose d'exotique pour une contemplative. C'est comme si je sortais de ma petite bulle... ou plutôt que je l'agrandissais, vous voyez ?
Dans quelques jours j'ai deux concerts. Et une générale ce soir qui m'a rassurée.
Je ne dors pas avec Elle ce soir et Elle me manque. Chabadabada lalalaaaa.
A la Tour j'ai tout plein de boulot... de classement, transmissions... etc. avant de leur dire tchao dans un mois.
Et puis vendredi la Très Méchante Soirée #2 à la Flèche d'Or avec Elle et des amies.
Et samedi repos et no stress absolu.
Parce que 100% c'est pas tous les jours.
Dimanche aprem' on stage. Je crève de trouille un peu là quand même...
00:15 Publié dans Journal | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : gay et lesbienne
lundi, 27 mars 2006
Spring time
Et bé mes aïeux quel week end !
Riche en évènements, en émotions... si tous les week ends étaient comme ça, moi je vous le dit tout net, je ne tiendrais pas le coup très longtemps !
Week end musical et studieux du coup : départ vendredi soir pour une répétition intensive à la campagne samedi et dimanche (c'est fou, je dis campagne alors que c'était juste dans le fin fond des Yvelines). Les concerts du choeur de femmes arrivent bientôt... et évidemment nous ne sommes pas prêtes. Dans la grande maison des parents de Callas, il y a un piano... dont j'ai beaucoup profité. En ce moment derrière un clavier, je suis plutôt inspirée on dirait (plus que derrière une feuille blanche en tous cas).
Week end festif : car c'est pas parce qu'on chante qu'on fait la gueule...et surtout parce que j'ai fait un allez retour à Paris pour fêter les 30 ans de K. au bord de l'eau. Callas a un peu fait la gueule que je ne reste pas... Mais comment dire ? Je DEVAIS aller sur cette péniche. Pour K. Pour avoir le plaisir de discuter avec Mildred et Yukyo. Pour voir Calou, enceinte de 8 mois, se trémousser avec mon futur neveu sur "Dancing Queen" et Bilou s'éclater comme un fou sur la piste. Pour fumer un pétard en entier avec l'ex cheffe de Bilou (cf cette note). Pour danser jusqu'au bout de la nuit.
Week end un peu crevant quand même : avec le changement d'heure on a perdu une heure de teuf sommeil. Courte nuit de 3 heures, debout, train pour les Yvelines et re chant le dimanche. Et re soirée ensuite... si si.
Week end festif bis : après tout ça un bon tea dance au Tango, ça fait pas de mal ! Hier, c'était celui de Cineffable. Hyper sympa. Beaucoup de monde. Filles mignonnes. Bonne zique. Pas comme pour le tea dance de Lesbia Mag (cf cette note). Et surtout Elle sur la piste. Et nous deux comme seules au monde sur le dancefloor pour les deux slows qui concluent la soirée. Très très serrées. Et c'était très très bon.
[Aparté n° 1 : les filles, ne donnez pas vos sous à Lesbia !]
[Aparté n° 2 pour Melie : c'était dimanche qu'il fallait venir au Tango... pas vendredi !]
On s'est quittées au métro. Nos lèvres se sont effleurées.
Après j'ai eu envie de sauter partout... c'est juste là que j'ai constaté que je pouvais pas tellement j'étais cassée...
Depuis j'ai des papillons dans le ventre et des étoiles dans les yeux. Et un mal fou à me concentrer sur mon travail...
19:05 Publié dans Journal | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : gay et lesbienne

